lundi 16 janvier 2012

Tubersucculent!


Qui est t-il? Un des légumes natifs d’Amérique les moins connus est aussi un de mes préférés. C’est un tubercule à l’allure pas très ragoûtante, mais au goût très raffiné! Il est facile à cultiver chez nous, j’en ai d’ailleurs dans mon jardin et il se ressème tout seul à chaque année, quoi de plus facile! Il pousse sous terre comme une pomme de terre, mais est dans la famille des tournesols… son plant ressemble à un tournesol dont la fleur (aussi comestible en salade) est plus petite. Il est une source de nutriments importante, particulièrement de fer. Il aide à maintenir ou rétablir l’équilibre intestinal. Il ne contient pas de féculent et est donc un excellent choix pour les diabétiques. Il se mange cru ou cuit et a une saveur qui ressemble beaucoup à celle de l’artichaut…  C’est un malaimé en France parce qu’à une époque on a en trop mangé, il  remplaçait les pommes de terres pendant la guerre.

C’est le topinambour! On le retrouve de plus en plus dans épiceries et les marchés au Québec et en Ontario et il est très souvent biologique, la plante étant indigène et bien résistante aux maladies et aux insectes. Deux variétés sont disponibles les topinambours longs et les ronds bosselés, leurs goûts sont similaires. 

Si vous n’avez jamais goûté de topinambour,  vous manquez quelque chose. C’est un légume surprenant. Les Amérindiens le mangeaient cru, comme un radis. Il est croquant comme une pomme, quand il est cru et se mange en bâtons ou râpé en salade et a un goût doux et sucré. 

Pour ma part, je le préfère cuit, sa saveur se développe davantage et son doux parfum d’artichaut me charme à tout coup! On peut l’apprêter de tellement de façons, un peu comme la pomme de terre : en purée, grillé au four, poêlé au beurre et aux herbes, en gratin… Ajoutez le à votre gratin dauphinois en l’alternant avec les pommes de terre, ça rendra le rendra plus léger et lui donnera un petit goût végétal subtil. 

Je vous propose aujourd’hui deux recettes rapides et faciles pour apprivoiser ce légume à l’apparence inusité…

Potage de topinambour à l’huile de citron
  • 1 petit oignon pelé et coupé en morceaux
  • 1 c. à table de beurre
  • 2 lb (environ) de topinambours (épluchés,  lavés et coupés en morceaux)
  • 1 litre de lait
  • 1 tasse de bouillon de poulet
  • Jus et zeste d’un citron
  • Sel et poivre
  • 3 c. à table d’huile d’olive extra-vierge
Zestez le citron et mettez les zestes à macérer dans l’huile d’olive. Dans une casserole, faites revenir l’oignon dans le beurre à feu moyen quelques minutes jusqu’à ce que l’oignon devienne transparent sans prendre de couleur. Ajoutez les topinambours, le lait et le bouillon et laissez mijoter environ 20 minutes ou jusqu’à ce que le topinambour soit bien tendre.  Passez le tout au mélangeur jusqu’à ce que vous obteniez une purée bien lisse, ajouter le jus d’un demi-citron, salez et poivrez au goût. Servez et arrosez le potage d’un filet d’huile au citron. Un potage crémeux, velouté et raffiné qui fera sensation en entrée ou seul comme léger!

Pour épater la galerie, mettez un peu moins de liquide et faites une purée au lieu d’un potage, et servez là avec quelques pétoncles poêlés en remplaçant l’huile de citron par de l’huile de pamplemousse rose, tout simplement divin!


Une autre recette différente et facile qui fera un parfait accompagnement au poisson,  au poulet ou avec des crevettes grillées :

Galettes croustillantes de topinambour
  • 4 gros topinambours (lavé et râpés)
  • 2 c. à table de ciboulette,  d’oignon vert ou d’échalote hachée
  • ¾ de tasse de fromage râpé (j’ai utilisé de la mozzarella, mais vous pouvez prendre n’importe quel fromage ferme qui fond : cheddar, provolone, emmental, havarti…)
  • 1 œuf
  • 1 c. à table de chapelure
  • Sel et poivre
  • Huile
Déposez le topinambour râpé sur un papier absorbant et pressez-le pour enlever le surplus de liquide. Dans un bol, mélangez le topinambour, le fromage, l’oignon, l’œuf, la chapelure et assaisonnez le mélange de sel et de poivre. Faites chauffer une poêle antiadhésive sur feu moyen. Quand la poêle est bien chaude, ajoutez un peu d’huile et déposez des petits tas d’environ 2 c. à soupe de la préparation dans la poêle. Écrasez les petits tas à l’aide d’une spatule et laissez cuire jusqu’à ce que les bords soient dorés. Retournez les galettes et laissez cuire jusqu’à ce que les deux côtés soient bien dorés et croustillants. Servez chaud seul ou accompagné d’un peu de crème sure. Vous serez surpris du résultat, un extérieur croustillant et goûteux et un intérieur moelleux et fromagé,  délicieux!

J’espère que je vous ai donné envie de découvrir le topinambour! C'est un légume surprenant vous verrez par son goût et sa texture et par... sa forme... la preuve: ce spécimen récolté dans mon jardin cet automne et je vous jure, ce n'est pas une photo truquée :

Bonne découverte gourmande!


lundi 19 décembre 2011

Rapido presto hivernal


Le Canada est un immense pays et peu d’entre-nous aurons la chance d’en faire le tour. Les chanceux qui  partirons à la découverte des autres provinces choisirons probablement les pentes des rocheuses, les rivages des maritimes ou l’excitation des grandes villes… mais qu’en est-il des territoires nordiques? C’est vrai qu’à première vue, ça ne semble pas être des plus intéressants et pourtant...

J’ai eu la chance d’aller aux Territoires du Nord Ouest cet été et la beauté de l’endroit m’a séduite. Bien honnêtement, je ne m’attendais à rien et ne comprenait pas trop pourquoi ma belle-famille y habite. J’ai résolu le mystère! C’est un endroit aux paysages majestueux, les gens y sont sympathiques, accueillants, l’esprit de communauté y est bien présente et les grands espaces procurent un sentiment de liberté incomparable, comme si on y respirait plus léger. Petit bémol… je n’ai vu que l’été et je soupçonne fortement que l’hiver, à -50C, ça perd un tout petit peu de son charme ;-)

Sur ces terres rocheuses vallonnée et parsemée de lacs, la nature est omniprésente. Un paradis pour les pêcheurs et chasseurs, la région offre beaucoup surtout considérant qu’il s’agit d’un territoire nordique : doré, truite de lac, omble arctique, bison, orignal, wapiti, caribou… Tout ça est aussi synonyme de beaucoup de bonnes choses à manger!

Pendant notre séjour nous avons pu nous régaler entre autres de truite fraîche pêché du grand lac des esclaves… on n’a pas la chance de manger des prises aussi fraiches tous les jours et c’est vraiment dommage parce que c’est du pur bonheur!  Mon chéri, qui n’a jamais été un grand amateur de poisson, est tombé en amour avec la truite grillée du Bullocks Bistro : un must à visiter si vous allez à Yellowknife, un décor inusité et un style culinaire unique, frais, savoureux et sans prétention. Depuis notre retour, j’essaie de reproduire l’assaisonnement et je ne prétends pas avoir trouvé le secret mais je m’en suis inspiré pour cette recette de filet de truite poêlé, un souper rapido et santé parfait pour la semaine, même si vous n’êtes pas un grand fan de poisson.

Poisson SS (sucré/salé)
  • 2 filets de truite avec la peau (ou un autre poisson de votre choix)
  • 2 c. à table de sauce soya (moins de sodium)
  • 2 c. à table de sauce poisson thaïe
  • 2 c. à table de Mirin
  • 1 c. à table de vinaigre de riz
  • 1 c. à thé de miel
  • 1 c. à thé de sauce Worcestershire

Préchauffez une poêle antiadhésive sur feu moyen-fort. Pendant ce temps combinez tous les ingrédients sauf le poisson dans un bol pour faire la sauce. Saisissez les filets sur la peau puis réduisez le feu à moyen. Quand vous voyez les côtés du poisson commencer à devenir opaque, verser la moitié du mélange de sauce dessus et retourner les filets. Baissez à nouveau le feu de moitié et ajoutez le reste de la sauce. Le temps que le poisson cuise, la sauce va réduire et devenir collante. Servez les filets dès qu’ils sont cuit au centre et badigeonner de la sauce. Servez avec une salade verte croquante, fraîche et légèrement acidulé pour équilibrer le goût sucré-salé du poisson. Un régal minute qui reviendra surement au menu!


Avec la folie des fêtes, le temps semble s’écouler plus vite et on a toujours besoin d’une bonne petite soupe maison bien chaude et pas compliquer pour nous aider à passer au travers de notre liste! En voici donc une que j’aime particulièrement quand il fait froid et gris…


Potage aux champignons, poireaux et épinards
  • 2 paquets de 227g de champignons lavés et coupés en tranches
  • 1 ½ tasse de poireaux lavés et tranchés (ou d’oignions)
  • 2 tasse d’épinards lavés et coupés grossièrement (ou 1 tasse d’épinard congelé)
  • 2 c. à table d’huile ou de beurre
  • 2 1/2 tasses de bouillon de poulet
  • 1 tasse de crème 15%
  • 2 c. à table de vinaigre de Xérès (sherry)
  • Sel et poivre

Faites revenir les champignons et les poireaux dans l’huile à feu élevé jusqu’à ce qu’ils soient bien dorés. Ajoutez les épinards, cuire une minute et ajoutez le bouillon de poulet et la crème et laissez mijoter 5 minutes. Réduire en purée avec un mélangeur à main ou passer au mélangeur. Assaisonné de sel et de poivre et ajoutez le vinaigre. Dégustez ou encore mieux, mettez-la dans un thermos et partez en forêt pour une petite marche et prenez une pause chaleur. L’odeur du sous-bois en hiver avec cette soupe sera le complément parfait, tel le pairage avec un bon vin!

Allez-y régalez-vous et profitez du temps des fêtes pour goûter de nouvelles choses, partagez de bons moments et savourez pleinement la saison!

Joyeuses et gourmandes fêtes à tous!


dimanche 30 octobre 2011

Un peu de croquant piquant dans l’assiette


Comme tout gourmand qui se respecte je passe des phases, je peux manger un ingrédient en particulier à presque tous les repas pendant un mois ou encore essayer à peu près toutes les déclinaisons possibles d’un plat ou d’une technique quand je le ou la découvre… Par exemple, quand j’ai eu ma phase de soufflé, je pense que j’en ai essayé au moins une quarantaine de recettes et j’ai  bien du en manger 4 à 5 fois par semaine pendant 2 mois! Un peu intense me direz-vous, mais bon… là vous comprenez pourquoi j’appelle ça mes folies gourmandes! J

Depuis quelques semaines ma dépendance est à un légume d’origine asiatique pas très connu, mais qui est de plus en plus cultivé au Québec : le Daikon. Ça ressemble à une carotte géante blanche et c’est dans la famille du radis. Dans les épiceries asiatiques, il est assez gros, du même diamètre qu’un concombre, par celui cultivé ici a plus la grosseur d’une carotte, il est tout aussi bon peu importe la grosseur, il faut par contre le peler quand il est gros. Son goût est proche du radis rouge traditionnel, mais il est moins piquant. L’avantage du daikon c’est qu’il ne demande pas beaucoup de préparation, on mange autant les fanes que le légume, il est super polyvalent et comme son compagnon le radis et est une bonne dose de vitamine C.

Si vous aimez les mets vietnamiens vous en avez surement déjà mangé, le daikon est souvent émincé avec des carottes et servi en salade assaisonnée de vinaigre de riz, de sel, de sucre et de sésame pour accompagné les rouleaux de printemps, les grillades ou en condiment dans les sandwiches vietnamien (banh-mi).

Mes deux recettes de Daikon coup de coeur :

Une soupe parfaite pour les jours de corvées automnales. Ça fait changement et ça réchauffe à l’intérieur comme à l’extérieur sans alourdir.

Soupe miso au daikon
  • ¼ tasse de pâte de miso blanc
  • 1 gros daikon ou 3 petits coupés en batonnets (s’il est gros, il faut le peler)
  • Les feuilles de daikon coupées en petits morceaux
  • 1 c. à thé de dashi en poudre (optionnel)
  • 1 litre d’eau
  • ¼ tasse de tofu ou de crevettes (optionnel)
  • 3 champignons shiitake (optionnel)
  • 1 oignon vert haché

Faites chauffer l’eau, ajoutez le dashi et le daikon et laissez mijoter jusqu’à ce que celui-ci soit al dente. Dans un bol, délayer le miso avec un peu de l’eau chaude puis ajoutez au mélange de soupe. Ajoutez les fanes de daikon, le tofu et les champignons, laissez mijoter quelques minutes, saupoudre de l’oignon vert et déguster!


Daikon mariné
  • 1 tasse de daikons coupés en rondelles ou en juliennes (s’il est gros, il faut le peler)
  • 1 tasse de carottes coupées en rondelles ou en juliennes
  • ¼ tasse d’oignon tranché finement (optionnel)
  • ½ tasse de vinaigre de riz
  • ½ tasse d’eau
  • ¼ tasse de sucre
  • 2 c. à table de sel

Faites chauffer l’eau, le vinaigre, le sucre et le sel jusqu’à ce que tout soit bien dissout. Mettez les daikons, les carottes et les oignons dans un contenant et versez-y la marinade. Mettez au frigo au moins 12 heures. Servez ces rafraichissantes et croquantes marinades dans vos salades, vos sandwiches, vos burgers, comme accompagnement aux grillades…

Le daikon se conserve longtemps au frigo alors faites-en provision et partez à l’aventure. Pourquoi ne pas en ajouter des morceaux dans votre salade, en râper dans votre salade de chou, en faire en tempura, en couper finement pour mettre dans vos tartares, les servir en crudité avec de la trempette ou simplement les faire sauter au beurre dans la poêle… c’est sans fin! Allez-y, croquez!

D’ici la prochaine, soyez gourmands!

dimanche 25 septembre 2011

Le vend gourmand du Nord...


Ça y est, l’été est bien et bel fini. La chaleur s’estompe, le paysage change,  les couleurs d’automne s’installent avec les soirées fraîches et je me réinstalle devant mon ordinateur. Cet été, j’ai eu la chance de me promener dans la province et le pays et de voir des régions moins connues, des endroits qui n’attirent pas les foules de touristes parce qu’ils sont un peu plus éloignés, mais qui regorgent de trouvailles surprenantes et délicieuses.

Mon premier périple m’a amené en Abitibi où j’ai joué les elfes dans la forêt de juin regorgeant de deux thés sauvages : le thé du Labrador et le thé des bois (aussi appelé Thé du Canada et Wintergreen). Tous deux fantastiques de par leurs saveurs prononcées et leurs multiples vertus. Parce que oui, on peut dire des vertus, les Amérindiens les utilisaient tous deux comme remède et encore aujourd’hui, l’ingrédient qui donne son odeur caractéristique à la pommade Antiphlogestine est le salicylate de méthyle, qu’on retrouve dans le thé des bois. Bien que ce soit fort intéressant et utile, je m’intéresse aujourd’hui plus aux arômes et saveurs de ces deux thés sauvages.

 On peut mâchouiller la feuille de thé des bois, elle libère une agréable saveur de menthe sucrée et légèrement piquante très proche de celle des bonbons peppermint roses (communément appelées « paparmanes »). C’est d’ailleurs un bon substitut pour la gomme à mâcher, les dentistes vont m’aimer! ;-) La saveur est très mentholée et assez forte alors si vous cuisinez avec, dosez comme de la menthe poivrée. On l’utilise surtout dans les desserts, avec la vanille ou le chocolat. On peut également en faire une infusion, mais pour cela il faut prévoir à l’avance puisque pour faire un bon thé, il doit infuser 24h, le résultat est fort agréable bien mentholé comme une tisane à la menthe, mais avec une petite touche astringente.





Le thé du Labrador est un peu plus facile à trouver dans les magasins, plusieurs épiceries bio ou magasins de produits naturels en offrent dans leur rayon de thés et tisanes. C’est un thé aux arômes boisés, un goût légèrement résineux et plutôt doux. On le prépare différemment du thé conventionnel, on le fait carrément bouillir pendant quelques minutes puis on le filtre. Plus vous aimez un thé qui goûte fort, plus longtemps vous le faites bouillir. À mon goût, 5 minutes suffisent, puis je le laisse reposer et infuser 1 ou 2 minutes. Le thé du Labrador ne développera pas d’amertume prononcée comme le thé vert et le thé noir. C’est son goût de sapinage qui prendra le dessus s’il est plus concentré. Une tasse de thé du Labrador c'est comme une bouffé d'air d'automne, chargée d'odeur végétales, ça réchauffe et réconforte l'âme. En plus, c’est un antioxydant relativement puissant, seul petit bémol, il faut le consommé avec parcimonie, le thé du Labrador contient des toxines inoffensives en petites quantités, mais qui peuvent créer des désagréments si on en consomme beaucoup. On recommande donc de ne pas faire bouillir plus de 15 minutes et de se limiter à 2 tasses par jour.

On peut également broyer les feuilles et les utiliser comme fines herbes dans les marinades et sauces. C’est d’ailleurs une saveur qui se marie extrêmement bien avec le gibier sauvage. J’attends impatiemment que mon homme me rapporte une pièce de viande de la chasse pour concocter un petit mijoté parfumé au thé du Labrador et à la baie de genévrier… miam miam. Ce sera assurément un plat qui éveillera mes racines amérindiennes, si loin soient-elles!

On ne trouve pas ces deux thés qu’en Abitibi, ils y poussent presque dans toutes les régions du Québec et de l’Ontario alors ouvrez l’œil. Le thé du Labrador se récolte le printemps, l’été et l’automne et pousse dans les milieux acides et humides comme les tourbières. Souvent on en retrouve près des bleuets sauvages qui aiment les mêmes conditions. Quant au thé des bois, on le retrouve plus facilement dans les forêts de conifères au sol sablonneux et on le cueille de préférence durant le printemps ou l’été.

Dans mes prochains textes, je poursuivrai le partage de mes découvertes lors de mon périple nordique entre autres à la Baie-James, au Lac St-Jean et aux Territoires du Nord-Ouest…

D’ici là, soyez gourmands!