vendredi 25 mars 2011

Mon petit printemps tout neuf!


Le soleil revient nous chauffer un peu plus longtemps chaque jour et la neige fond en exposant des petits bouts de brun qui vont bientôt verdir. C’est officiel, le printemps est là! J’adore le printemps, la lumière est vive, la vie se réveille et la nature se renouvelle. 

Je ne peux d’ailleurs pas penser à un plus beau symbole du printemps que la préparation des semis pour le potager. Si vous n’avez jamais tenté l’expérience allez-y, c’est vraiment une belle activité pas très difficile, qui requiert peu d’effort et qui vous donnera de multiples récompenses. Il n’est pas nécessaire d’avoir de matériel particulier ni d’avoir un grand terrain pour s’improviser un potager. Quelques pots ou récipients quelconques, un peu de terre, des graines et un petit coin ensoleillé, dans la cour, sur le balcon ou le bord d’une fenêtre. Il faut seulement s’assurer qu’il y aura au moins 3-4h d’ensoleillement dans la journée.

Pour le balcon, un beau plant de tomates cerise dans un gros pot ou un seau rempli de terre. Des fines herbes (basilic, persil plat et ciboulette) et des fleurs comestibles (viola et capucines) dans votre boîte à fleurs sur le bord d’une fenêtre. Si vous avez un terrain comme moi, pourquoi ne pas mêler quelques plants de légumes à travers vos plates-bandes ou encore défricher un petit coin pour un faire un potager?

C’est le temps de semer vos graines si vous voulez de beaux plants cet été. C’est d’ailleurs une super belle activité à faire en famille, les enfants adorent voir les germes apparaître et se transformer lentement en plante. Et imaginez leur satisfaction et leur étonnement quand ils mangeront le légume de la petite graine qu’ils ont semée, magique! Sans compter que c’est aussi un bon coup de pouce contre les réfractaires aux légumes ;-)

On débute donc par choisi un bon terreau à semis ou des pastilles de tourbe déshydratées, pour se simplifier la vie et mettre les chances de notre côté, il faut semer dans des petits pots et couvrir pour conserver l’humidité et la chaleur. L’idéal ce sont les petites serres en plastique, mais il n'est pas nécessaire d’en acheter, il est tellement facile d’en improviser en recyclant nos contenants à salade transparent, ils ont juste la bonne grandeur et ont un couvercle transparent qui laissera passer la lumière et retiendra l’humidité et la chaleur à l’intérieur. On y place donc des petits pots (des petits pots de yogourt par exemple) qu’on rempli aux deux tiers de terre, on y pose 2 ou 3 graines (les plus éloignées possible les unes des autres), on recouvre de terre et on arrose. On met le couvercle, on pose près d’une fenêtre et on attend que la magie se manifeste.

Après quelques jours ou semaines, selon ce que vous avez semé, vous verrez apparaître les germes. Vérifiez régulièrement que la terre est bien humide et quand les pousses grandiront ouvrez progressivement le couvercle pour les habituer à la température ambiante. Quand le plant commence à faire des feuilles, plus besoin de couvercle. Si plusieurs pousses dans le même pot sont très collées, retirez-en une.

Quand les risques de gelée au sol dans votre région sont presque passés, sortez vos pousses le jour quand il fait beau et rentrez-les le soir pendant une semaine. Quand les gelées seront chose du passé, vous pourrez transplanter vos semis en pleine terre dans votre jardin ou dans un plus gros récipient sur votre balcon ou dans vos boîtes à fleurs. Arrosez-les bien et donnez-leur un peu de fertilisant, idéalement du fumier. Ils seront plus fragiles pour une semaine ou deux puis ils se mettront à croître à une vitesse hallucinante! La plupart des plants de légumes mettent moins de 120 jours à venir à maturité.

Je tiens à émettre un avertissement, si vous commencez à faire vos semis, il y a 80 % de chance que vous attrapiez la piqure et que vous vouliez en semer plus l’an prochain. J’ai commencé avec un plant de tomate et quelques herbes sur mon balcon il y a de cela plus de 10 ans, aujourd’hui, je sème plus de 75 variétés de légumes, herbes et fleurs chaque année et c’est une bataille incroyable de savoir ce que je sème chaque année parce que j’aurais envie de tout essayer!

Alors, enfilez votre pouce vert, allez jouer dans la boue et donnez vie à quelques juteux légumes et croquantes verdures!

Bonne semaine gourmande!

vendredi 18 mars 2011

Un goût d’ailleurs...


Me voilà de retour d’un périple fort intéressant en Afrique de l’Ouest, plus précisément au Burkina Faso. On m’avait prévenu avant mon départ que ce n’était pas un endroit de haute gastronomie alors je ne m’attendais à rien. J’ai été grandement charmée par le pays des hommes intègres, leur sourire, leur accueil et leur cuisine simple, authentique et goûteuse.

Le Burkina Faso est un pays surprenant aux multiples paysages : dunes de sable du désert, terres rouges arides et poussiéreuses du sahel où les chèvres s’égarent sous la chaleur cuisante du soleil, savane luxuriante côtoyant les plantations de mangues, de manioc, de bananes, de canne à sucre et de légumes, formations rocheuses mystiques… Un pays aux mille visages qui mérite d’être visité.

Je n’ai pas pu m’empêcher d’aller au marché et j’y ai été fort étonné, la variété et la fraîcheur des produits sont remarquables, pas du tout l’idée de l’Afrique que je me faisais. Cela dit, j’ai visité les marchés de l’Ouest du pays, parions qu’au nord, où le sahel et le désert se côtoient, il y a probablement beaucoup moins de choix. J’y ai vu surtout des mangues, des papayes, des citrons, des tomates, des concombres, du chou, des courges, des aubergines, des ocras, des oignons, des fraises, des haricots, des pommes de terre, des oranges, du manioc, des arachides, du mil, du maïs… Évidement, tout était cultivé localement et mûrit sur le plant alors les fruits étaient sucrés et juteux à souhait et les légumes très savoureux et vibrants.

Comme les ingrédients sont savoureux et frais, pas besoin de recettes complexes. La plupart des plats comportent moins d’une dizaine d’ingrédients. En Afrique, on fait comme les Africains alors mis à part les deux premiers jours où j’avais un système digestif hésitant, je me suis lancée tête baissée dans les découvertes. J’ai été très agréablement surprise. On y mange bien, des portions étonnamment copieuses et les saveurs y sont bien développées. Je croyais que comme dans la plupart des pays chauds les mets seraient très épicés, mais non pas du tout. Par contre, un condiment qu’on appelle simplement du piment, qui est en fait du piment frais broyé et assaisonné, est presque toujours offert avec le sel et le poivre dans les restaurants (qu’on appelle là bas des maquis).

Une observation intéressante : je n’ai pas vu beaucoup de céleri, par contre j’ai vu beaucoup de carottes, d’oignons et de choux. Dans la plupart des sauces de base, on utilise oignons et ail comme base de saveur. Quant aux ragoûts et mijotés, ils débutent par une mirepoix adaptée. Dans la cuisine française, la base des sauces et plats est réalisée avec un trio de légumes qu’on appelle la mirepoix : oignons, céleris et carottes. Or en Afrique de l’Ouest le céleri est remplacé par du chou vert, ce qui donne une saveur fort intéressante et un bel apport nutritif puisque le chou contient plusieurs vitamines et nutriments essentiels. Depuis mon retour, je plaide coupable de plagiat, j’ai remplacé le céleri par du chou dans plusieurs recettes et c’est une très belle alternative.


Au Burkina, on ne mange pas autant de viande qu’en Amérique, le poulet et le poisson reviennent fréquemment au menu et sont particulièrement bons. Un peu partout vous verrez d’ailleurs courir autour du restaurant les poulets qui y seront servis plus tard… Ça en fait de bon poulet bio très savoureux, un peu plus raide que ce que l’on a l’habitude, mais la saveur compense. D’ailleurs, le poulet porte un nom rigolo, on l’appelle le poulet bicyclette sans doute à cause de son allure sportive. On y trouve aussi du très bon bœuf, beaucoup de chèvres et de moutons et un peu de viandes d’animaux sauvages comme le zébu, le coba ou l’antilope. Ces dernières ressemblent d’ailleurs plus au veau ou au bœuf en terme de goût et n’ont pas une saveur de gibier très prononcée.

Je partage aujourd’hui une découverte coup de cœur, une boisson très rafraichissante, le bissap.
Le bissap est une boisson rouge invitante et revitalisante qu’on vous servira un peu partout au Burkina Faso, à tout moment du jour. La recette varie d’une région à l’autre du pays et sont goût est tantôt timide et tantôt très agressif, mais elle a toujours une belle couleur rubis. Elle surprend parce qu’elle n’est habituellement pas très sucrée et vu sa couleur éclatante on s’attend au contraire. Il s’agit d’une tisane froide de fleurs d’hibiscus sauvage (aussi appelé oseille rouge) qui est souvent parfumée au gingembre ou comme le disent les locaux au zinzembre. L’hibiscus n’a pas un goût très prononcé, mais donne une acidité intéressante, un peu comme une limonade maison. 

Bissap
  • 4 t. d’eau bouillante
  • 1 t. de fleurs d’hibiscus/oseille rouge séchées (vous en trouverez dans les magasins d’aliments naturels, dans les magasins qui vendent en vrac, les épiceries africaines, indiennes ou asiatiques)
  • 4 c. à table de miel
  • 1 c. à soupe de jus de gingembre (râpez du gingembre frais et pressez –le dans un tamis pour en extraire le jus)
Versez l’eau chaude sur les fleurs, laissez infuser pour 3 à 4 heures puis passez le mélange au tamis pour retirer les fleurs. Ajoutez le miel et le jus de gingembre, mélangez bien et réfrigérez. Servez le bissap bien froid. Par temps chaud, c’est encore mieux que la limonade!

C’était une première de mes découvertes africaines parce que, vous vous en doutez bien, il y en aura d'autres à vous partager…

Bonne semaine gourmande!

mercredi 9 février 2011

La simplicité a bon goût


Je ne sais pas si c’est la familiarité de certains plats ou ingrédients qui les rend plus intéressants et réconfortants que d’autres, mais à plusieurs reprises j’ai constaté que les mets les plus simples étaient toujours gagnants contre l’exotisme et la complexité. Comme si notre palais ne pouvait pas saisir tous les arômes en même temps et devant la difficulté à identifier chacun des éléments il devient confus…  Quelques saveurs bien distinctes créent l’effet inverse, elles nous rassurent, on les reconnait comme un vieil ami. Au palmarès des vieux amis, il y en a un qu'il est absolument impossible de déloger : le pain.

Chaque culture et cuisine a son pain. Tantôt plat, tantôt croustillant, léger, dense, salé, sucré, brioché, blanc, brun, noir, en baguette, en miche, en torsade… D’un pays et d’un climat à l’autre, les céréales de base varient, mais le principe reste semblable. Le pain est à la base de la nutrition de presque toutes les cultures, et ce, depuis très longtemps. On a même retrouvé des miches de pain dans les sarcophages de plusieurs pharaons d’Égypte, dont celui du célèbre Toutankhamon.

Aujourd’hui en Amérique du Nord, le plus gros vendeur est le pain tranché pour son côté pratique et pour la popularité des sandwiches et des toasts. Par contre, côté nutrition ce n’est pas toujours le meilleur choix, la plupart des marques ajoutent beaucoup de sucre et d’agents de conservation à leur pain, il faut lire la liste des ingrédients. Il faut aussi se méfier des promesses comme fait de grains entiers, bien souvent la proportion de grains entiers est très faible. Le meilleur pain au niveau du contenu nutritif et de l’assimilation des nutriments est sans contredit le pain complet au levain.  Le pain, s'il est de qualité et est consommé en quantité modérées, soit 2 à 4 tranches par jour, est bon pour la santé et ne vous fera pas grossir. On ne peut par contre pas en dire autant de toutes ses garnitures...

Levain ou levure, quelle est la différence? Le levain est le résultat de la fermentation de la farine et de l’eau. Dans le mélange se développe une bactérie, semblable à celle du yogourt,  qui fait fermenter le pain et permet à celui-ci de lever. Les bactéries transforment l’amidon de la farine en maltose (le même genre de malt que la bière). Les pains au levain ont donc un goût légèrement différent, un peu acide et parfumé à cause de la fermentation et ont une chair plus ferme et dense, ils se conservent aussi plus longtemps. Les bactéries du levain, en transformant l’amidon en malt, rendent aussi le pain plus digeste et permettent au corps d’en retirer plus facilement les nutriments. Le pain au levain est par contre plus délicat à faire nécessite plus de temps que le pain à la levure. La version à la levure utilise une levure active, la plupart du temps élaborée chimiquement ou à partir de fruit (comme pour la fabrication du vin) pour faire gonfler le pain. Elle donne rapidement un pain plus léger et aéré sans y ajouter beaucoup de goût.

Si vous avez envie de faire régulièrement du pain, il est intéressant de faire son levain, mais si vous avez envie d’en faire de temps en temps quand vous recevez ou pour les occasions spéciales il vaut mieux s’en tenir à la levure. Le levain est vivant, il faut donc le maintenir et le nourrir pour le conserver et pour qu’il reste bien actif. Vous pouvez demander à votre boulanger de vous vendre du levain, mais ne vous étonnez pas s’il refuse, leur levain est souvent issu d’une recette secrète et est maintenu parfois depuis des générations.

Dans tous les cas, faire son pain est un retour aux sources, c’est lent, un peu rétro et tellement satisfaisant. Pétrir le pain à la main a quelque chose de sensuel et je dirais même presque thérapeutique, si vous étiez stressés avant de commencer, vous ne le serez plus après! C’est un peu retourner en enfance, on joue avec la pâte et on fait un peu de dégât…

Je vous propose aujourd’hui une recette de pain facile, du pain crouté style ciabatta. Votre maisonnée sera embaumée par l’arôme délicieux et chaleureux du pain chaud et vous fonderez de plaisir à mordre la douce et moelleuse chair chaude de ce nouveau compagnon de votre table. Croyez-moi, il y sera réinvité!



Pain ciabatta (donne 2 pains) – recette d’Anna Olson
  • 1 t. de biga*
  • 1 c. à thé de levure à pain
  • 3 c. à table de lait 2% tiède
  • 2/3 t. d’eau tiède
  • 1 c. À table d’huile d’olive
  • 2 1/3 t. de farine tout usage
  • 1 1/2 c. à thé de sel
*Pour faire le biga (une simulation de levain) :
1/4 c. à thé de levure à pain
1 t. d’eau tiède
1 1/4 t. de farine
Pour faire le biga, il faut mélanger la levure à l’eau, ajouter la farine et bien mélanger pour qu’il n’y ait pas de grumeau. Le mélange sera collant et liquide. Couvrir et mettre au frigo pour au moins 12 heures.

Mélangez le biga, l’eau, la levure, l’huile et le lait ensemble. Ajoutez la farine et le sel et mélangez bien vigoureusement, vous devriez obtenir une boule collante, très molle et qui s’étire. Couvrir la pâte et la faire lever dans un endroit chaud (25 C) pour 90 minutes ou jusqu’à ce qu’elle ait plus que doublé de volume, vous devriez voir la texture des bulles au travers de la pâte.

Versez la pâte sur une surface farinée et roulez-la en un gros cylindre et aplatissez là pour en faire un rectangle d’environ 20 po X 8 po. Coupez le rectangle en deux sur le long pour obtenir deux baguettes. Placez-les sur une feuille de papier parchemin, couvrez-les d’un linge humide et laissez-les lever au chaud un autre 90 minutes.

Préchauffez le four à 425 F et mettez-y une pierre à pizza ou une plaque à biscuit à l’envers. Quand la plaque ou la pierre est bien chaude, glissez-y les pains sur le papier parchemin et vaporisez un peu d’eau sur les pains. Laissez cuire 20 à 25 minutes en vaporisant à nouveau après les 10 premières minutes. Laissez refroidir un peu et dégustez encore chaud avec une noix de beurre, le grand et simple bonheur!


Oubliez le Febreze et les chandelles cette fin de semaine, parfumez-donc votre maison avec l’arôme le plus universellement invitant et irrésistible: le bon pain chaud!

Bonne semaine gourmande!

vendredi 28 janvier 2011

Le petit déjeuner des champions!

Les matins d’hiver froid et lumineux me donnent envie de partir en randonnée dans les bois, de m’éblouir la rétine des scintillements de la neige, de me remplir les poumons d’oxygène bien frais et d’entendre le sourd son de la neige qui s’écrase sous mes pas.  C’est pour moi un rituel d’hiver qui a un charme indéniable, mais qui nécessite aussi une préparation de l’estomac. On ne part pas  comme ça à l’aventure le ventre vide!

J’ai un faible pour les gros déjeuners, ça a pour moi quelque chose de décadent, de chaleureux, on s’arrête et on étire le matin au lieu d’être à la course, ça me donne l’impression de profiter plus de la vie. Je n’ai pas de plaisir à engloutir en vitesse un bol de céréales, c’est une option populaire parce qu’elle est facile et rapide, mais c’est plate et franchement banal alors pour mes fins de semaine je veux autre chose de bon.

Il y a le salé et le sucré, personnellement je suis sans contredits une adepte du salé. Ces temps-ci mon bonheur matinal porte deux noms : jaune coulant et cretons. J’adore percer le soleil de mes œufs pour en faire une sauce, tremper mes toasts ou peu importe ce qui se trouve dans mon assiette. Qu’il soit au miroir, tourné, à la coq ou poché, il devra absolument couler! C’est un plaisir sans remord puisqu’un œuf c’est bon pour la santé, ça contient beaucoup de protéines et de vitamines alors à moins de le frire c’est un excellent choix surtout considérant que ça ne coûte pratiquement rien et que ça nous donne une bonne dose d’énergie, parfaite pour attaquer l’hiver! Ce qui veut dire que je peux me permettre un petit quelque chose en plus : des cretons! Pas ceux de l’épicerie, trop de gras et trop d’ingrédients que je ne suis pas capable de prononcer. (La seule chose que je ne suis pas capable de prononcer que je mange quand même à l’occasion c’est de la sauce Worcestershire.)  

Faire ses cretons c’est très facile, peu coûteux et ça dure longtemps parce qu’on en fait une grande quantité et on en congèle des petits pots. Il faut les dégeler au frigo pour que la texture ne soit pas affectée.

Voici ma recette de base de cretons au veau

½  lb de porc haché maigre
1 ½ l
b de veau haché
2 oignons hachés
très finement
1 ½
 c. à thé de poudre d'ail
1 ½
 t. de lait évaporé ½ t. d'eau
Sel et poivre au goût
1 enveloppe de gélatine
neutre
2 c. à soupe de beurre

Mettez tous les ingrédients sauf la gélatine et le beurre dans un chaudron, mélangez-les bien et amenez à ébullition puis réduisez le feu et laissez mijoter pour environ une heure en brassant de temps en temps. Retirez du feu et écrasez bien la viande, j’aime bien utiliser un pilon à patate comme pour les patates pilées. Ajustez le sel et le poivre au besoin puis ajoutez le sachet de gélatine directement dans le mélange chaud avec le beurre et mélangez bien. Laissez refroidir, mettez dans des contenants et réfrigérez.


Si vous préparez un brunch c’est aussi une belle gâterie à offrir à vos invités et pourquoi de pas les rendre encore plus spéciaux en les mettant dans de tout petits pots ou de gros moules à glaçon pour en faire des portions individuelles.

Une bonne toast de pain de ménage avec des cretons maison et un œuf coulant, un bonheur tout simple à s’accorder le samedi matin avant d’aller skier!

Bonne semaine gourmande!


mardi 18 janvier 2011

Messieurs, et si vous mangiez votre céréale préférée au lieu de la boire?

Qui est-elle?
  • C’est l’une des plus grandes productions céréalières au Canada
  • Elle est consommée par l’homme depuis plus de 10 000 ans
  • Elle était la principale céréale de l’alimentation humaine avant la découverte du blé
  • C’était la céréale de choix de gladiateurs
  • On en fait des infusions en Asie et en Italie
  • Elle sert dans la fabrication de plusieurs produits transformés, sous forme de sirop
  • C’est un ingrédient essentiel à la fabrication de la bière et du whisky
 
C’est l’orge! Sa fermentation en malt permet de fabriquer la bière et le whisky. Ce même malt transformé en sirop, parfume et sucre plusieurs préparations commerciales dont les céréales à déjeuner et plusieurs sauces préparées. La majorité de la production d’orge du Canada est destinée à la transformation ou à l’alimentation du bétail. Pourtant l’orge est une céréale très nutritive et facile à préparer et au bon goût alors prenons-la d’assaut!
 
 
La plupart d’entre-nous avons déjà mangé de l’orge (souvent trop cuite) dans une soupe bœuf et orge ou peut-être, si vous avez des racines irlandaises, dans un ragoût de bœuf ou d’agneau. Avouons-le, l’orge n’apparaît malheureusement pas souvent sur notre table sous forme de grain. Nous savons tous qu’il faut manger plus de grains entiers pour leurs fibres et apports nutritifs, mais on finit souvent par manger les deux ou trois mêmes grains qu’on a apprivoisés. L’orge présente deux avantages particuliers, elle améliore la tolérance au glucose en atténuant l’augmentation du taux de glucose et d’insuline dans le sang, une caractéristique particulièrement intéressante pour les diabétiques et les hypoglycémiques. Elle contient également un taux élevé de fibres solubles qui contribueraient à la diminution du taux de cholestérol.
 
 
C’est bien beau tout ça, mais on fait quoi avec? On l’ajoute à nos soupes et surtout à nos plats mijotés comme les ragoûts, pot au feu, tajine… L’orge est l’ami de la mijoteuse! Au lieu de servir votre prochain bœuf aux carottes avec des pommes de terre ou du riz, ajoutez plus d’eau à votre recette et ajoutez de l’orge dans la préparation. On calcule environ ¼ de tasse de grains secs par personne.
 
 
Si vous mijotez longuement optez pour de l’orge mondé, la première enveloppe du grain a été retirée pour permettre à celui-ci de devenir bien tendre tout en conservant le germe et le son. Si vous mijotez moins longtemps ou si vous ajoutez l’orge aux soupes, utilisez l’orge perlé, les grains ont été polis pour retirer le germe et permettre une cuisson plus rapide. L’orge perlé se cuit en environ 30 à 40 minutes dépendant de la grosseur du grain tandis que l’orge mondé prend environ 1 h 30.
 
 
On peut également traiter l’orge comme du riz et en faire un plat d’accompagnement, un risotto ou une salade. On le cuit alors dans de l’eau ou du bouillon dans une proportion de 1 part de grain pour 3 parts de liquide. C’est un pairage parfait pour les poissons, filet de porc, poitrines de poulet… Si vous n’êtes pas convaincu, la prochaine fois que vous ferez du riz brun ou du riz sauvage, remplacer la moitié du riz par de l’orge perlé, n’oubliez pas de mettre plus de liquide.
 
 
Je me suis fait un bon bol d’orge aux champignons et aux choux de Bruxelles, délice réconfortant, parfait pour l’hiver! Excellent pour les sportifs, c’est consistant et la digestion est facile.
 
Orge aux champignons et choux de Bruxelles
  • ½ tasse d’orge perlé
  • 1 ½ tasse d’eau ou de bouillon
  • 2 tasses de champignons tranchés (ceux que vous aimez, ils peuvent être frais ou séchés, si vous utilisez des champignons séchés, réhydratez-les et égouttez-les avant de les ajouter à la recette)
  • 1 grosse échalote française ou un petit oignon rouge
  • 8 à 10 choux de Bruxelles tranchés en fines lamelles (vous pourriez remplacer par des asperges
  • 3 c. à soupe d’huile d’olive
  • 4 c. à soupe de vinaigre de Xérès ou balsamiqu
  • 1 oignon vert tranché fin
  • 2 c. à soupe de persil haché
  • Sel et poivre
Mettez l’orge et l’eau ou le bouillon dans une casserole et portez à ébullition. Bouillir 5 minutes puis baisser le feu, couvrir et laissez mijoter très doucement pour environ 30 minutes ou jusqu’à ce que les grains soient tendres sous la dent. Dans une poêle, à feu moyen fort, mettez l’huile d’olive et faites revenir les champignons 2 minutes puis ajoutez les échalotes et les choux de Bruxelles cuisez jusqu’à ce que tout soit tendre puis déglacez avec le vinaigre et laissez réduire jusqu’à ce qu’il ne reste qu’un sirop. Ajoutez l’orge, l’oignon vert, le persil, salez et poivrez au goût. Servez tiède ou chaud seul ou en accompagnement. J’aime bien garnir d’un peu de balsamique réduit ou de moût de raisin pour ajouter une petite note sucrée. Particulièrement bon avec un filet de saumon poêlé…miam! Si vous voulez en faire un repas, ajoutez quelques noix.
 
 
J’avais fait cuire un peu trop d’orge en faisant cette recette alors je l’ai mis de côté et j’en ai fait une salade à la grecque le lendemain midi, surprenante et très nourrissante! J’ai ajouté une peu de poivron vert et rouge, des oignons rouges, des tomates, des olives noires, du fromage feta, un peu d’huile d’olive, de jus de citron et d’origan et bang, c’est prêt! En passant, si vous ne connaissez pas le fromage feta Skotidakis, essayez-le, c’est un pur délice, beaucoup moins salé que les marques populaires d’épicerie et un peu plus dense, parfait dans les salades. On le retrouve dans plusieurs supermarchés et souvent chez Costco.
 
 
Pour dessert, un petit sucre d’orge? Malheureusement, les bonbons en sucre d’orge ne sont pour la plupart plus faits avec de l’orge, mais autrefois on faisait infuser de l’orge dans de l’eau et on utilisait ce thé pour faire le sucre d’orge d’où le nom.
 
 
Sur ce, je me régale de mon bol d’orge et je pars affronter les monts enneigés!
 
Bonne semaine gourmande!